Les Rois maudits, "Le Roi de fer", Maurice Druon.

Publié le par Craklou



   Mon chouchou!!! Une relecture donc, si vous avez bien compris! J'avais déjà lu la série deux fois, au collège. Et depuis plus rien. Ca faisait un bon moment que ça me trottait dans la tête de me replonger dedans, mais j'attendais que mes souvenirs des cours de médiévale refluent un peu, pour ne pas me dire toutes les deux pages "Nan, mais nan, c'était pas ça du tout, roooo, ça coïnce là!!". Donc là, ça va. Trois ans sans un cours magistral, et pof, tout est oublié. Pas que ça me réjouisse. Mais bon, là en l'occurence c'est un mal pour un bien!
Il n'en reste pas moins que, ces livres m'ayant fait tomber dans la marmitte des romans historiques à 14 ans, puis, quelques années après, dans celle, bien plus effrayante, de l'histoire médiévale, mon avis ne sera pas des plus objectifs, quoique je vous promets d'éviter les "nan, mais c'est trop biiiien, trop biiiien je vous dis... Je peux pas décrire, c'est géniiiiiiiiiiiiial, il faut trop grave le lire". Juré craché!


   Le Roi de fer, premier volume du cycle, a pour figure centrale Philippe IV le Bel, roi d'une beauté légendaire qui régnait sur la France en maître absolu. tout devait s'incliner, plier ou rompre devant l'autorité royale. Mais l'idée nationale logeait dans la tête de ce prince calme et cruel pour qui la raison d'Etat dominait toutes les autres. Sous son règne, la France était grande et les Français malheureux.

   D'habitude, je préfère me fier pour mes articles aux 4e de couverture. Parce qu'en résumant moi-même, j'ai toujours peur de dévoiler des morceaux de l'intrigue que le lecteur aurait préféré découvrir lui même. Et comme ça, je vous laisse dans la même situation que moi, lorsque je parcourre les rayons des librairies/bibliothèques.
Enfin, sur ce coup là, il faut quand même bien avouer que le résumé laisse un peu à désirer... Donc, vous en aurez un fait maison. Parce que le but c'est quand même de vous convaincre de la lire, cette série!
   Alors, nous sommes donc à la fin du règne de Philippe Le Bel, 1314 pour les connaisseurs! Une fin de règne marquée par deux évènements d'importance autour du roi : ses belles-filles sont soupçonnées d'adultère, un crime impardonable chez les familles royales, puisqu'il peut menacer les règles de succession en donnant au trône un héritier illégitime ; et le procès des Templiers prend fin après sept longues années de jugement, à l'issue duquel le grand maître de l'ordre est brûlé en place publique, lançant au roi, au garde des sceaux et au pape cette célèbre apostrophe : "Pape Clément!... Chevalier Guillaume!... Roi Philippe!... Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment! Maudits! Maudits! tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races!..." . Le roman met en scène la famille royale, en petites unités de description, Isabelle, fille du roi, mariée à Edouard II d'Angleterre, Philippe le Bel et ses trois fils à Paris. Mais également des personnages, d'abord secondaires, dont l'importance croît au fur et à mesure des volumes : Robert d'Artois qu'une querelle sans fin oppose à sa tante Mahaut, mère de deux des brus adultères du roi ; et enfin Guccio Baglioni, un jeune Lombard que le hasard de l'histoire va jetter sur les routes à la croisée des chemins de ces personnages historiques. Chronologiquement, ce premier tome s'achève à la mort de Philippe Le Bel, le 29 novembre 1314, qui disparaît laissant le trône à Louis, son fils aîné, auquel le roi défunt ne semble pouvoir s'adresser dans ce volume que par d'amusants : "Louis.... Taisez-vous!"

   "La critique maintenant", allez-vous me demander. On y vient! Faire la part des souvenirs de lecture, de connaissances de cours, et de la fascination initiale n'est pas aisé pour cette troisième lecture, bien qu'un certain temps se soit écoulé depuis. Je ne reviens pas sur mon premier avis, à savoir que ces romans sont véritablement de grands romans. les faits historiques sans quand même bien respectés, enfin ce que le premier volume laisse transparaître, surtout quand on est habitué aux romans type Benzoni!
Les personnages sont bien dépeints, et très crédibles. D'autre part, on rentre directement dans l'action. Ce qui est indispensable, par ailleurs, à la lecture de petits volumes de ce genre (300 pages environ par tome). Pour les non initiés à l'histoire du XIVème siècle, les notes explicatives sont bien faites, et pas assez nombreuses pour surcharger le texte. Des récapitulatifs sur les personnages permettent aussi de les situer dans l'Histoire. Rien d'un cours d'histoire rébarbatif quoi! Ces livres restent des romans, et les intrigues imaginaires sont aussi bien représentées que la déroulement des faits historiques.
Pour les férus d'humour, ensuite, certains personnages, comme Robert d'Artois ou Spinello Tolomei, l'oncle de Guccio, ont parfois des propos pas piqués des vers, et très réjouissants!
Enfin, le style est particulièrement agréable à lire. On n'a pas affaire à n'importe qui non plus! Et cela change de la plupart des romans historiques, certes divertissants, mais pas forcément d'un caractère littéraire très poussé. 
   

   Bref vous l'aurez compris, à lire et à relire!!!

ps : vous aurez la critique des autres tomes au fur et à mesure de mes (re)lectures car, si ma mémoire est bonne, tous ne se valent pas.

Tome 2 ici.

Publié dans Historical Novel me

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